1543. La maladie est inévitable : « La santé n'est qu'un mot, qu'il n'y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide » 2512.
Cette belle provocation est trompeuse, car en réalité il est bien difficile de se résigner à la maladie. Or, cela devient aujourd'hui impossible lorsque cette maladie est la conséquence d'une activité humaine. En témoigne, à partir des années 1990, la création de fonds d'indemnisation de risques sanitaires. Si leur nombre reste modeste, leur champ d'intervention est conséquent car les compétences de l'Office d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales sont étendues (§ 2), même si les autres sont restés spécialisés comme le traduisent leurs appellations : fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (§ 1) et fonds de garantie des risques liés à l'épandage agricole des boues d'épurations urbaines ou industrielles (§ 3).
§ 1. — Le fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante
1544. Si les dangers de l'amiante et la gravité de l'asbestose (maladie chronique due à l'inhalation des fibres d'amiante) furent perçus en France dès 1950 comme en atteste à cette date leur inscription au tableau des maladies