5. Depuis son apparition au xive siècle 6, jusqu'au début du xixe siècle, l'assurance maritime a fonctionné sans outils scientifiques, sur la base de l'expérience des navigateurs et négociants qui se livraient à cette activité. « Les manuels d'assurance maritime du xvie siècle étaient muets au sujet des primes, si ce n'est pour inviter l'assureur à tenir compte de la saison, du trajet, de la cargaison, de l'état du navire, des rumeurs sur la présence de pirates, etc. » 7. On comprend que l'opération relevait davantage du pari que d'une démarche techniquement maîtrisée.
À ces incertitudes s'ajoutaient des interdits religieux. Il faudra attendre le xiiie siècle pour voir naître le « prêt à la grosse aventure ». L'essor de l'activité maritime dans le bassin méditerranéen nécessitait la mise en place du crédit. Mais les périls de la mer rendaient son remboursement aléatoire. Les négociants inventeront un système où l'emprunteur ne remboursait la somme prêtée que s'il était en mesure de revendre avec le profit escompté la marchandise transportée, donnée en gage au prêteur, c'est-à-dire si elle arrivait à bon port.
Le risque maritime, mal connu, entraînait l'application de taux usuraires, de l'ordre de 30 à 50 % ! L'Église s'éleva contre ces pratiques usuraires. En 1234, une décrétale du Pape Grégoire IX interdit toute stipulation