660 Genèse progressive. – Les dispositions des traités et notamment du TFUE rendent difficile le développement d'une politique industrielle tant au niveau national qu'européen. Une telle politique nécessite en effet de jouer sur les données économiques, ce qui heurte souvent de plein fouet les règles de concurrence, notamment en matière d'aide d'État. Vouloir encourager des secteurs ou des régions n'est pas totalement impossible mais reste étroitement encadré par les articles 107 à 109 TFUE qui soumettent à autorisation de la Commission toute aide octroyée par les États. Les accords commerciaux conclus par l'UE, et dont en matière de produits elle possède l'exclusivité, ne permettent pas non plus une grande marge de manœuvre dans la mesure où ces accords, là aussi, sont dominés par les principes du libre-échange, avec en corollaire l'abaissement des droits de douane et des autres restrictions aux échanges. Ceci ne favorise guère la protection de l'industrie européenne qui a vu ses plus beaux fleurons (audiovisuel, secteur textile, numérique, électroménager, etc.) filer vers des pays étrangers. Pour preuve, la demande de certains États membres de voir renforcer la protection du marché européen et de soutenir les investissements européens hors des frontières de l'UE (v. infra, n° 1332 et s.). L'Union européenne ne dispose pas d'un cadre normatif très adapté pour soutenir l'industrie européenne
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