120 Au fil des ans la lutte contre le terrorisme s’est imposée comme une préoccupation majeure de l’Union européenne. Celle-ci se retrouve face au dilemme classique de la recherche de l’équilibre entre protection de la sécurité et respect des libertés et droits fondamentaux de la personne. Aussi, si dans la lutte contre le terrorisme la priorité revient à l’action, le droit constitue le cadre indispensable à l’édification de cet équilibre. Les attentats très meurtriers comme en 2015 en France, 2016 en Allemagne, 2017 en Espagne et au Royaume-Uni, ont conduit à un renforcement de l’action et du droit 351. Vont en ce sens nombre de mesures prises pour renforcer les contrôles aux frontières, améliorer la coopération policière et judiciaire, mutualiser les systèmes d’information évoqués précédemment. S’y ajoute une législation spécifique.
121 Précédée par une position commune adoptée dans le cadre de la PESC dès le 27 décembre 2001 352, position complétée par un gel des fonds finançant des activités terroristes 353, la décision-cadre du 13 juin 2002, no 2002/475/JAI a constitué le pivot de l’arsenal législatif dont s’est dotée l’Union. Elle est remplacée par la directive 2017/541 du 15 mars 2017 354 qui en reprend largement les dispositions tout en les complétant et renforçant.
La décision-cadre innovait par rapport au droit international en vigueur en