394 Vue générale. Dès le Code civil, on peut dire qu’existait l’idée de statuts spéciaux : pour les baux d’habitation (dits « baux à loyer » : art. 1752 à 1762) et, de façon beaucoup plus poussée, pour les baux ruraux : parce qu’à l’époque ce bail était le plus important économiquement, il donne lieu à de nombreuses dispositions particulières du Code, qui envisage ses différentes variétés (art. 1763 à 1778 pour le « bail à ferme », portant sur des terres à exploiter selon diverses modalités ; art. 1800 à 1831 pour le « bail à cheptel » portant sur du bétail).
Pendant près d’un siècle et demi, le droit du bail a vécu paisiblement sur ces dispositions, générales et spéciales, du Code civil, et peu de modifications sont intervenues (en 1889 une loi sur le métayage, en 1926 une loi sur les baux commerciaux créant un embryon de statut). C’est au milieu du xxe siècle, et à des dates très rapprochées (1947 pour les baux ruraux, 1948 pour les baux d’habitation, 1953 pour les baux commerciaux) que sont apparus de véritables « statuts » particuliers, sous la pression des nécessités économiques issues de la guerre.
Conçus à l’origine comme plus ou moins temporaires, ces statuts se sont en fait affermis avec le temps et leur autonomie n’a fait que croître. Ils concernent trois secteurs : les baux d’habitation, les