346. Évolution historique. – Attaché à protéger le mariage, le Code civil a longtemps manifesté de l’hostilité envers les enfants naturels et s’est peu préoccupé de la vérité biologique. Il existait une inégalité entre les deux filiations, légitime et naturelle, la loi donnant préférence à la première. Cette inégalité a disparu : que les parents soient mariés ou non, tous les enfants peuvent être rattachés à leur(s) auteur(s), et ils ont tous les mêmes droits.
La loi du 3 janvier 1972 a marqué une étape décisive pour le droit de la filiation : abandonnant toute idée de hiérarchie entre les deux filiations, le législateur a ouvert plus largement la possibilité d’établir la filiation naturelle. Pour la première fois notamment, un enfant adultérin a pu être rattaché à son père, soit volontairement, soit contre la volonté de ce dernier. C’est à cette époque que le principe d’égalité des filiations est introduit en droit français : il va de pair avec un autre principe, le principe de vérité. La filiation juridique d’un enfant doit correspondre à sa filiation réelle. Quelle réalité ? Bien sûr, il s’agit avant tout de la vérité biologique. Mais le législateur ne l’a pas seulement prise en compte. D’ailleurs, les données médicales de l’époque ne permettaient pas de rattacher automatiquement l’enfant à ses auteurs.
À côté de la vérité biologique a été