757 Données du problème. – Si on appliquait les principes dans toute leur rigueur, la conception de l'appel comme voie de recours devrait conduire à refuser toute évolution du litige d'une instance à l'autre : les parties devraient soumettre au juge du premier degré toutes leurs demandes et aussi toutes leurs défenses ; inversement, en appel, elles ne seraient autorisées à faire valoir que des arguments tendant à faire apparaître un mal jugé commis par le juge du premier degré. Des faits nouveaux, découverts ou même survenus depuis le jugement, ne pourraient pas être pris en compte par la cour d'appel, laquelle devrait s'en tenir aux seuls faits soumis au tribunal. Une telle rigueur serait manifestement excessive, en particulier à l'égard du défendeur qui n'a pas choisi le moment du procès et qui peut ainsi être pris au dépourvu. Une évolution illimitée du litige ne serait pas davantage opportune, en ce qu'elle dévaluerait totalement l'instance devant les juges du premier degré et enlèverait à l'instance d'appel sa spécificité.
Il faut essayer de trouver un juste milieu. Il apparaît alors normal d'admettre plus facilement l'évolution du litige lorsque cette évolution ne porte pas sur ses éléments essentiels et inversement de l'admettre de façon plus restrictive lorsqu'elle porte sur les éléments essentiels du litige. Dans tout procès, l'élément essentiel du litige est constitué par les demandes. C'est