950 Notion d'incident de procédure. – L'instance peut se dérouler sans aucune difficulté procédurale de quelque sorte que ce soit. Mais souvent, il se produit quelques complications qui alourdissent et qui compliquent son déroulement : on les désigne sous le nom général d'incidents. Leur importance est extrêmement variable. Par exemple, un avocat omet de communiquer à son confrère une pièce visée dans ses conclusions. Le juge lui enjoint de le faire. Il s'exécute, l'incident est clos. D'autres incidents peuvent prendre une ampleur considérable. Bien mené, si l'on ose dire, un incident de compétence peut retarder de quatre à cinq ans l'issue d'un procès. Parfois même, l'incident commande l'issue du procès, comme l'incident de péremption qui survient au cours d'une instance de voie de recours.
Si les incidents présentent une telle variété de figures et d'importance, c'est que leur notion ne se prête pas à une définition précise. À partir de quand s'écarte-t-on suffisamment de la ligne droite pour que l'on puisse parler d'incident ? C'est ce qui explique que certains incidents aient déjà été étudiés dans les développements qui précèdent. Lorsqu'une partie prétend qu'un acte de procédure est entaché d'une cause de nullité, elle soulève un incident. Cependant, pour des raisons d'opportunité évidentes, l'étude de la nullité des actes de procédure a été menée en même temps que celle de leur formation.