89 Distinction des questions de pouvoir et de qualité. – Une certaine confusion règne en doctrine sur l'analyse qu'il convient de faire d'un certain nombre de situations. Tantôt, on les présente comme des cas d'habilitation à agir dans l'intérêt d'autrui, mais sans qu'il y ait représentation ; tantôt, on parle de représentation d'une personne par une autre, ce qui constitue une approche très différente. En droit judiciaire privé, ces analyses se traduisent en termes de qualité et de pouvoir. On dit qu'une personne a le pouvoir de faire un acte de procédure lorsqu'elle bénéficie d'un mandat légal, judiciaire ou conventionnel d'agir au nom et pour le compte d'autrui. Par exemple, le tuteur est doté du pouvoir d'agir pour le majeur protégé. Il le représente. Pareillement, le gérant d'une société à responsabilité limitée a le pouvoir d'agir au nom et pour le compte de celle-ci. Dans ces deux exemples, ce sont les représentés, la personne protégée d'un côté, la société de l'autre, qui sont parties au procès. La qualité et l'intérêt s'apprécient en leur personne : pour déterminer la recevabilité de leurs demandes, on se demandera s'ils ont un intérêt à agir et s'ils sont destinataires des règles de droit dont leur représentant sollicite la mise en œuvre.
Les choses se présentent différemment lorsqu'une personne est habilitée par la loi à agir dans l'intérêt d'autrui, sans pour autant le