1207. Entendue comme un vice du consentement, l’erreur affecte en principe la volonté interne du contractant.
Elle est une erreur sur les représentations intellectuelles qui ont déterminé à contracter. Il arrive toutefois que l’erreur se présente sous d’autres formes. Ainsi peut-elle ne concerner que la volonté déclarée d’un contractant lorsque sa pensée a été maladroitement exprimée. Il y a alors erreur sur la manifestation de volonté et discordance entre la volonté interne et déclarée. Il arrive encore que l’erreur commise par les contractants provienne d’une discordance entre les volontés respectives des deux contractants. La rencontre des volontés ne se faisant pas, on parle d’erreur-obstacle.
A. — L’erreur sur la manifestation de volonté
1208. Pour qu’un vice du consentement justifie l’annulation d’un contrat, il faut que l’on voie dans ce dernier l’accord de deux volontés internes.
Si l’on retient que la rencontre des déclarations de volonté suffit à former la convention, la contrainte ou l’erreur sont sans effet sur la validité de celle-ci. À la suite de Saleilles, on oppose les conceptions allemandes et françaises du rôle de la volonté dans la formation de l’acte juridique, ce qui paraît très contestable dans la mesure où, en fait, les mêmes préoccupations ont conduit à des solutions voisines 4481. En revanche, les auteurs allemands ont développé des