115. La liberté de la concurrence n'est pas absolue. – Si, dans le cadre d'un principe de liberté, la jurisprudence considère que le dommage causé par une concurrence loyale est licite et n'ouvre pas droit à réparation (supra no 118 ; v. ainsi, Cass. com., 15 nov. 2011, no 10-15049, sur le droit d'un associé de concurrencer la société dont il est membre), elle estime également que la concurrence reste, comme l'immense majorité des droits subjectifs, susceptible d'abus et que son auteur doit être sanctionné lorsqu'il a usé de procédés malhonnêtes (v. Cass. com., 22 oct. 1985, Bull. civ. IV, no 245). Elle a, à cette fin, élaboré une théorie générale de la concurrence déloyale dont on va préciser conditions et sanctions.
116. Conditions de l'action en concurrence déloyale. – Cette action s'enracine dans le droit commun de la responsabilité civile (et constitue, à ce titre, une excellente illustration de la théorie civiliste de l'abus de droit). La victime doit donc établir la faute du défendeur et le dommage qui en résulte pour elle. Mais tels sont les seuls éléments requis. Peu importe la qualité de l'auteur de la pratique déloyale (v. ainsi Cass. com., 30 mai 2000, Contrats, conc. consom. 2000, no 161, note Malaurie-Vignal, pour la recevabilité d'une action en concurrence déloyale dirigée contre une association). Peu importe également