11 Une notion à définir. La nationalité des sociétés pourrait sembler être une notion dépassée à l’heure de la mondialisation et le début des années 2000 pouvait accréditer cette idée, de plus en plus de groupes apparaissant perdre leurs attaches avec un État national. Cependant, deux phénomènes récents contribuent au renversement de cette tendance et marquent un retour de l’importance de la nationalité pour les sociétés comme le démontre Nicolas Véron 33. D’une part, le développement de grands groupes issus de pays émergents qui sont souvent sous la tutelle ou le contrôle direct d’un État. D’autre part, la crise financière qui s’est traduite par un retour de l’État, particulièrement dans le secteur bancaire. La notion de nationalité des sociétés est connue des droits européens 34 mais nul texte ou décision jurisprudentielle ne s’aventure dans une définition. Il convient de rechercher celle-ci dans la doctrine en raison de l’ampleur de la controverse qui s’y est développée après la Première Guerre mondiale.
Si aujourd’hui, nul ne conteste plus la légitimité et l’existence de la nationalité des sociétés, l’unanimité disparaît dès qu’il faut déterminer le contenu, la fonction, la méthode d’attribution et le critère de détermination qui étaient autant de lignes de front des partisans et adversaires du concept dont on rappellera les arguments principaux.