La souveraineté permanente des États
102. La seconde moitié du xxe siècle a été marquée par le bouleversement des relations entre investisseurs étrangers et États d’accueil, sous l’impulsion de ces derniers qui ont entendu réaffirmer leurs intérêts dans la gestion de leurs ressources naturelles. L’importance stratégique des ressources naturelles a en effet conduit les États à recourir à des nationalisations afin de retrouver le contrôle sur leurs ressources et ainsi tenter d’en tirer des profits plus importants.
103. C’est dans le secteur pétrolier et sur le continent Sud-américain que le mouvement tendant à l’affirmation par les États de leur souveraineté sur les ressources naturelles a vu le jour. Dès 1938, le gouvernement mexicain procéda à de nombreuses nationalisations de compagnies pétrolières étrangères. La vague des nationalisations ainsi entamée s’étendra par la suite au Venezuela qui dès 1948 exigea, sous l’impulsion de son ministre du développement, Monsieur Pérez Alfonso, le partage égalitaire des profits entre l’État et les compagnies pétrolières étrangères. Cette exigence se répandra, jusqu’à ce qu’en 1969 le renversement du roi de Libye et l’avènement du Colonel Kadhafi conduisent à l’abandon du principe du partage égal du profit au bénéfice du nouvel État Libyen qui se voit alors accorder 55 % des résultats des opérations pétrolières 156.