373. Évolution de la législation. – Parmi les nombreux facteurs qui influencent l’évolution législative, les données sociologiques et scientifiques ont joué un rôle déterminant en matière de filiation. Au point de vue sociologique, au modèle unique de structure familiale fondée sur le mariage a succédé le pluralisme. Au point de vue scientifique, l’impossibilité de prouver directement le lien biologique de paternité, à laquelle le droit s’est longtemps heurté, a été vaincue. Ces bouleversements ont provoqué de profonds changements des règles juridiques.
En simplifiant à l’extrême, trois grandes étapes marquent cette évolution.
La première va du Code civil à la loi du 3 janvier 1972. Le mariage, acte fondateur de la famille, commandait le droit de la filiation qui n’en était qu’une conséquence. Lorsque les père et mère étaient unis par le mariage, la filiation était dite légitime ; elle était dite naturelle dans le cas contraire et la constatation juridique de cette situation, étrangère au modèle familial légal, n’était admise qu’avec réticence. La loi permettait cependant, par faveur pour la famille, de transformer artificiellement certaines filiations naturelles en filiations légitimes par la légitimation. Le Code civil établissait une hiérarchie entre la filiation légitime et la filiation naturelle, qui se traduisait notamment par la réduction des droits des enfants naturels par rapport