139 Une mesure de prévention ne se peut concevoir qu’en fonction de repères 577, qui peuvent et doivent par réalisme faire l’objet de compromis entre les différents intérêts. Qui est visé par la prévention ? Qui en doit assumer le coût, et qui, si elle échoue, doit payer ? Ce sont ces interrogations qui ont présidé à l’émergence du principe « pollueur-payeur » et de ses différents aspects et prolongements techniques. Partant de questions techniques complexes et nombreuses, imbriquées les unes dans les autres (à partir de quand est-on un pollueur, à partir de quand la pollution doit-elle ne plus être admise sans contrepartie, comment paye-t-on quand on a pollué, et qui paye exactement en réalité, et combien, etc.), la réflexion sur le principe pollueur-payeur est au moins aussi politique que celle sur le principe de précaution.
140 F. Caballero 578 expliquait en 1981 dans sa thèse que c’est parce que les interdictions absolues sont souvent irréalistes que l’administration s’est décidée à fixer des seuils admissibles : « le seul souci de réalisme juridique n’est d’ailleurs pas le seul facteur qui milite en faveur de cette définition (...) un facteur technique – la prise en compte du donné réel écologique – et un facteur économique – la non-discrimination entre les activités productrices – viennent renforcer les considérations purement