576 La formation du droit de l’esthétique et surtout son incorporation progressive dans le droit de l’environnement 2082 – qui n’est pas parfaite et ne le sera sans doute jamais – sont des phénomènes progressifs, extrêmement intéressants à considérer sur le plan intellectuel 2083. L’esthétique et l’invocation de la beauté sont des arguments réversibles, éminemment subjectifs, que le droit peine à « objectiver ». Quand il le fait, c’est-à-dire quand législateur ou juge s’aventurent à dire « le beau », le résultat est toujours et par nature de contours nébuleux et de destinée incertaine 2084. Les discussions sur le versant « paysages » des législations sur la transition écologique l’illustrent parfaitement.
§ 1. L’émergence du droit des paysages
577 La gestion des habitats ou des espaces nécessaires à la survie d’espèces animales ou végétales peut rejoindre la culture : l’appréciation esthétique d’un site vécu comme pittoresque, au sens étymologique premier, peut être, dans une stratégie de protection de la diversité biologique, un moyen important de mobilisation sociale d’outils juridiques.
En elle-même, cette évaluation en terme de valeur esthétique peut évidemment résulter de choix principalement ou présentés comme uniquement inspirés par des considérations ressenties, décrites ou analysées comme ne relevant pas du