424 De la pollution de l’air, l’on n’a eu qu’une conscience partielle pendant longtemps ; au niveau local, telle pollution était perçue, telle autre cachée avec plus ou moins de succès. Le phénomène des pluies acides a marqué les débuts d’une perception plus globalisante de la protection de l’air dans les années 1980 1486 à laquelle le droit international puis les droits nationaux ont dû accorder quelque importance, précédant de peu la structuration d’un droit du changement climatique.
La protection de la qualité de l’air ne relève pas seulement du droit à respirer un air sain 1487. Elle intègre également le régime juridique du climat, fondé sur l’objectif de réduction des émissions de GES, voire de « neutralité carbone » 1488. En effet, ces émissions sont des sources de pollution de l’air, cette dernière étant notamment définie comme la pollution de nature à influer sur les changements climatiques 1489. Mais la problématique du changement climatique « excède celle de la pollution atmosphérique, ce qui explique sans doute la distinction souvent opérée entre polluants atmosphériques et GES et, subséquemment, entre lutte contre les changements climatiques et lutte contre la pollution atmosphérique » 1490. Toutefois, le mouvement de gestion commune des enjeux de protection de l’air et du climat est clairement identifiable, en droit national, depuis les