378 Si la notion est apparue au moins en 1972, à travers le rapport publié par le Club de Rome sur les limites de la croissance, on ne la trouve clairement exprimée que dans le rapport Bruntland Notre avenir à tous, certes publié en 1987 mais qui constitue un prolongement de la Conférence de l’ONU tenue en 1972 également, à Stockholm.
Le problème en la matière est de savoir si c’est le système du marché qui est en cause, ou seulement ses dysfonctionnements.
Il arrive que les tenants des analyses les plus radicales – proches des thèses des écologistes politiques – tiennent plutôt à utiliser l’expression la plus proche de la traduction littérale de l’expression anglaise « sustainable development » et parlent de « développement soutenable ». La traduction la plus courante, celle de « développement durable », s’avère critiquable, il est vrai, en ce qu’elle « (...) met en avant la préoccupation de développement, qui prend le pas sur celle de la protection » 1342. Elle constitue, pour reprendre l’analyse de Serge Latouche 1343, à la fois un « oxymore » et un « pléonasme », ce qui, sur le plan terminologique, est gênant et qui, sur le plan philosophique, peut prêter à sourire.
Sans entrer directement dans ce débat, il convient de souligner quelques-uns des points communs des tenants de ces deux grandes façons de comprendre