429. Le budget de l’Union est pour l’essentiel un budget d’investissement, assorti de certaines fonctions redistributives entre les États membres. En effet, ce budget vise surtout à soutenir les politiques et objectifs communs de l’Union, sur une base pluriannuelle, tout en apportant un capital initial pour des investissements à moyen et long terme.
En revanche, la fiscalité demeure une compétence nationale, dans le respect de l’impératif de neutralité budgétaire. En effet, les traités n’octroient pas à l’Union le pouvoir de percevoir des taxes ; ils la dotent de ressources propres pour atteindre les objectifs assignés (art. 311 TFUE), et ce, dans le respect des prérogatives fiscales des États membres.
Le mode de financement d’une organisation internationale est l’un des traits symptomatiques de son autonomie au regard des États membres de l’organisation, et dès lors de sa marge de manœuvre.
Une fois de plus, le mode de financement de l’Union contraste sensiblement avec celui qui caractérise les organisations internationales. Pour celles-ci le financement est assuré par des contributions étatiques qui présentent notamment la contrainte d’être votées annuellement par les États membres.
Le système de financement de l’Union, alimenté par des ressources propres, démontre paradoxalement ses limites. En effet, on peut observer qu’il demeure en réalité soumis fermement à la volonté des États membres