166. Une jurisprudence en plein essor. La question des discriminations fondées sur la religion occupe l’actualité et a conduit la Cour de justice à se prononcer sur des difficultés et des controverses que de nombreux États membres peuvent connaître. La Charte des droits fondamentaux est très présente dans les décisions de la Cour. Elle l’est avec le principe de non-discrimination (article 21), la liberté de pensée, de conscience et de religion (article 10), mais aussi la liberté d’entreprise (article 16), dont il faudra marier les exigences 843. Tout en se montrant prudente et en évitant d’alimenter la controverse, la Cour de justice a ouvert la possibilité que la protection contre les discriminations religieuses que réclame la Charte des droits fondamentaux soit d’applicabilité directe dans des litiges entre particuliers. On partira du texte de la directive 2000/78.
1° Respect de l’éthique des organisations. Un accent particulier est mis sur les conditions d’exercice des activités professionnelles. Il est admis que la religion ou les convictions peuvent constituer « une exigence professionnelle essentielle, légitime et justifiée eu égard à l’éthique de l’organisation » et que des différences de traitement fondées sur la religion ou les convictions sont donc acceptables pour des « activités professionnelles d’Églises et d’autres organisations publiques ou privées dont