23 Ces pouvoirs sont ceux qui permettent d’engager les frais de la vie courante de la famille (I) mais aussi qui simplifient le commerce des meubles (II).
24 La femme et la bourse. – À l’origine, il ne s’agissait que de l’émancipation de la « femme ménagère » 133, mais depuis, il y a eu instauration d’une indépendance des deux époux. Ces textes ne sont donc plus particuliers à l’épouse mais commun aux deux conjoints.
Il y eut très vite une contradiction flagrante entre le fait de refuser à la femme mariée toute capacité juridique et lui assigner pour rôle de tenir la maison (ce que les Allemands dénommaient le « pouvoir des clés »). C’était, à la fois, lui demander d’établir les comptes et lui dénier le pouvoir de le faire. Aussi ne doit-on pas s’étonner que dès le xvie siècle, alors même que l’on affirme l’absolue incapacité de la femme mariée, apparaisse la théorie du « mandat domestique » qui lui permettra d’accomplir les actes de la vie quotidienne susceptibles d’être à charge pour le mari.
L’idée était d’expliquer l’autonomie de la femme mariée par le recours au « mandat tacite » prévu par l’article 1985 (dont on prétendait trouver l’écho dans l’ancien art. 1420 du Code civil). Satisfaisante à première vue, l’explication était peu crédible à y regarder de