135 Si pour la gestion des biens communs la grande réforme est celle de 1985, pour ce qui est de celle des biens propres ce fut la loi de 1965 qui fixa les principes, lesquels valent toujours. En effet, dans le Code Napoléon c’était le mari qui administrait les biens propres de la femme sous la seule réserve de ne pouvoir faire des actes de disposition sans son consentement et de répondre de sa gestion (alors qu’il n’était pas responsable de celle des biens communs comme on vient de le voir). L’imparfaite loi de 1938 (accordant la capacité à la femme mariée) n’avait eu pour seule conséquence que de permettre à l’épouse de disposer librement de la nue-propriété de ses propres, puisque les produits de ceux-ci tombaient en communauté. Autant dire que c’était un bien mince pouvoir 789 puisque tout acte dépassant cette stricte limite était opposable au mari administrateur de la communauté 790. Ce système fut abandonné en 1965 791. Désormais l’article 1428 du Code civil énonce sous forme de principe : « Chacun des époux a l’administration et la jouissance de ses propres et peut en disposer librement » venant en écho de l’article 225 (dans sa rédaction de 1985) : « Chacun des époux administre, oblige et aliène seul ses biens personnels ».
La loi de 1985 n’a évidemment pas changé cette disposition et l’a même renforcée en lui conférant la qualité de