8 Ce régime est impératif en cela que la loi l’impose aux époux sans que ceux-ci puissent l’écarter 17. Il est le minimum, mais un minimum qui tend à devenir un maximum. Il y a peu encore ces règles avaient une importance réduite, l’évolution du droit des régimes matrimoniaux leur confère au contraire une place majeure. Au fond, c’est la « grande charte » du foyer dans laquelle sont inscrits les droits et devoirs des époux, un peu comme la Déclaration de 1789 forme le préambule de la Constitution de la République 18.
Ces articles 212 et suivants du Code civil ont pour dessein de préserver à la fois l’intérêt de la famille (chapitre 1) et l’indépendance des époux (chapitre 2). Il n’y a pas là contradiction, mais au contraire un bel exemple de l’équilibre des droits et devoirs de chacun dans une relation d’altérité qui est la vocation naturelle du droit. Enfin, des dispositions permettent de faire face, du moins temporairement, à une crise de la famille (chapitre 3).
17. A. Dekeuwer, L’incidence du régime primaire sur les régimes matrimoniaux, th. Lille, 1975 ; J.-Y. Sayn et J.-Y. Chevallier, Les règles générales des régimes matrimoniaux, Trav. Fac. droit Paris, 1968.
18. Ch. Atias, « Le quotidien et l’involontaire en régime légal », Mélanges Colomer, 1993, p. 21 s. ; Cor