152 Entre la fin de la communauté et la liquidation de celle-ci, s’écoule un temps qui peut être plus ou moins long au cours duquel s’instaure une indivision post-communautaire 846. Cette lenteur à procéder à la liquidation s’explique parfois du fait de la complexité de certaines opérations notariales, mais parfois également volontairement. Ainsi est-il courant, principalement dans les milieux ruraux, que le partage de la communauté n’ait lieu qu’après le décès du dernier époux, ce qui lui permet de bénéficier des revenus de tous les biens (non seulement ceux de ses propres, mais également des propres de son conjoint prédécédé et des biens communs). Cela également a l’avantage de ne procéder qu’à un seul partage et donc de limiter les frais afférents à ces opérations. En réalité, c’est moins une communauté conjugale qui survit qu’une succession qui se prépare, même si dans sa thèse – Le régime matrimonial, sa nature juridique sous le rapport des notions de société et d’association – M. le doyen Jean Carbonnier a soutenu, partant du postulat que la communauté constitue une personne morale, que cette dernière survivait jusqu’à sa liquidation.
Comme le Code civil interdit, nous l’avons vu, de prévoir une continuation de la communauté après la mort de l’un des époux, ce sont les règles de l’indivision qui vont dès lors s’appliquer. Sous l’empire du