Les signes évidents du manque de confiance des justiciables en une justice étatique en déliquescence sont nettement perceptibles dans une enquête d'opinion effectuée par AfroBaromètre en mars 2017. Cette enquête n'a d'ailleurs pas pu échapper aux auteurs de ce bel ouvrage, tous d'origine africaine ou « africaniste », doublée d'une longue et riche carrière de praticiens du droit et de l'arbitrage, en tant qu'arbitre et conseil réputé et « administrateur » rompu de l'arbitrage pour deux d'entre les auteurs et d'enseignant féru du droit et de l'arbitrage pour le troisième. L'enquête ci-dessus a concerné 53 935 personnes, ressortissantes de 36 pays africains. L'étude indique qu'au nombre de ces personnes, près de la moitié, soit 43 %, n'ont pas confiance en la justice, plus d'un tiers, soit 33 %, estiment que les juges sont corrompus et seulement 13% disent avoir eu l'occasion de régler leurs litiges par-devant les tribunaux durant les cinq dernières années. Ces chiffres inquiétants ne pouvaient laisser les pouvoirs publics sans réactions. Alors que de nombreuses actions ont été entreprises pour reformer la justice étatique ça et là, en changeant de système judiciaire, totalement ou partiellement, il apparaît que ces actions ont été inefficaces, voire insignifiantes. Dès lors, dans le but de poursuivre l'objectif de sécurisation judiciaire au sein d'une communauté juridique qui a bien satisfait son autre objectif de création d'un
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