358. Dès le xive siècle, le roi prend des ordonnances, pour la réforme de l'État, la réorganisation de la justice, fréquemment en réponse aux doléances des États généraux et rarement pour poser des principes foncièrement nouveaux. Il convient de corriger des abus. À partir du début xvie siècle (sous les règnes de Louis XII, François Ier, Henri II) le mouvement prend plus d'amplitude et les caractères de la législation royale évoluent. Il s'agit toujours d'ordonnances au sens large du terme, c'est-à-dire de manifestations du pouvoir que détient le roi de faire la loi en vertu de sa souveraineté. La justification fondamentale et la nature des ordonnances ne sont pas bouleversées. Néanmoins, des évolutions nettes témoignent d'orientations nouvelles prises par les rois successifs à l'égard du droit en vigueur dans le royaume. Au long des derniers siècles de l'Ancien Régime, des ordonnances de diverses catégories coexistent ; pourtant, les unes ou les autres dominent à une période donnée et caractérisent la politique législative adoptée, au cours de cette période, par la monarchie. Le xvie siècle fut la grande époque des ordonnances de réformation (§ 1) ; la législation du règne de Louis XIV est dominée par les grandes ordonnances de codification (§ 2), celle du règne de Louis XV par les ordonnances de droit privé (§ 3). Aussi nette que soit cette évolution, elle signifie seulement que
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