116. Elle est la plus ancienne, la mieux établie, souvent la plus appréciée.
117. L'apport d'un millénaire. – Une justice d'Église répondait au conseil des Écritures « Réglez vos différends entre vous » 413 et à la nécessité, apparue de bonne heure dans des communautés soucieuses de faire respecter les règles établies, de disposer d'une instance pour les rappeler et en imposer l'observation. Pour être efficace (c'est-à-dire respectée) cette justice devait être exercée par l'autorité. C'est pourquoi, dans les communautés chrétiennes, elle incombait à l'évêque, pasteur de son peuple. Depuis le début du ive siècle, avec la reconnaissance du Christianisme dans l'Empire romain 414 et la prise en compte de ses institutions, la juridiction épiscopale fut reconnue par l'État romain, prêt à lui porter assistance en assurant pour sa part l'exécution de ses sentences 415. Sa compétence alla en s'élargissant, qu'il s'agisse de la juridiction sur le mariage et la vie familiale ou de la répression d'infractions qui étaient à la fois des manquements à la morale chrétienne et des troubles à l'ordre public. Les liens étroits qui s'instaurèrent entre l'Église et la société politique à l'époque carolingienne ne purent que servir le développement de la juridiction ecclésiastique 416. Avec la ruine de l'ordre carolingien (et de sa justice), dans l'attente de nouvelles structures