40. Comme les petits seigneurs ou les puissants féodaux, comme leurs vassaux ou leurs rivaux, les premiers Capétiens vivent des produits de leur domaine. Exploitation directe ou redevances (essentiellement en nature) des terres affermées remplissent leurs hangars. Le « Trésor » est modeste, car le numéraire est rare. Il trouve asile dans la chambre du roi. Les dépenses sont limitées, les « gages » exceptionnels. Ce sont celles de la vie quotidienne, agrémentée de fêtes, de chasses ou d'opérations dans le voisinage, non exemptes de pillages, qui rapportent parfois des biens mobiliers et quelque accroissement du domaine royal. Avec l'affermissement du pouvoir royal, l'accroissement du personnel qui le gère et l'étend, des rémunérations régulières se substituent aux gratifications aléatoires, les besoins de ressources augmentent. Une armée appellera l'impôt. Qu'était ce domaine ? Comment apparaissent les contributions ? Telles sont les deux questions qu'il faut envisager.
41. Le Domaine 172et les droits. – Le domaine royal (à ne pas confondre avec ce que sera plus tard le domaine public) est celui qui dépend directement du roi. Il est sous sa maîtrise, comparable, quoique plus étendue, à celle d'un particulier. Il se distingue donc des fiefs, qui relèvent de vassaux du roi. La Royauté doit vivre de ce domaine, comme un propriétaire vit de ses terres. Ressources normales, que l'on qualifiera plus