95. Un droit pour une Église 337. – Dès le premier siècle du christianisme, les chrétiens, unis par une foi nouvelle, sentirent la nécessité d'organiser leur vie commune dans des « Églises » 338 locales. Pour cela il leur fallait un chef, un Pasteur, selon la terminologie politique du Proche-Orient 339 et des règles. Celles-ci concernaient d'abord évidemment les obligations religieuses (célébration du culte, administration des sacrements). Mais elles s'intéressèrent également de bonne heure à de multiples aspects de la vie familiale, sociale, économique sur lesquels la morale de la nouvelle religion avait son mot à dire (relations entre époux, entre parents et enfants, usage des biens, assistance, marchés et prix, etc.).
Fixer ces règles fut le rôle des évêques, seuls ou réunis en conciles, plus ou moins nombreux et concernant des régions d'étendues très variables 340. L'évêque de Rome, lieu du martyre de Pierre et de Paul, jouissant d'une autorité particulière (la primauté), légiféra aussi, soit pour son diocèse romain, soit pour tout ou partie de l'Église. Canons conciliaires, décrétales pontificales, statuts des évêques, plus tard règles des fondateurs d'ordre religieux, apportèrent ainsi peu à peu un droit à l'Église. S'y ajoutèrent dès le ive siècle des instructions de membres du clergé que l'on qualifiera plus tard de Pères de l'Église 341 et