39. L'administration régionale du Domaine puis, plus largement, du Royaume est assurée, aux xie-xiie siècles, selon les usages de la gestion d'un domaine privé. Mais progressivement, son caractère « public » s'affirme. Comme la plupart des domaines seigneuriaux, le domaine royal eut dès le xie siècle ses « préposés » (praepositi), les prévôts qui exercent leur autorité dans les villes (peu nombreuses et fort modestes), comme dans les campagnes. Dans le Nord et le Centre prévaut l'appellation de prévôt, les pays du Midi disent plutôt bayle. Leurs tâches sont multiples, mal définies et peu différenciées. Elles touchent à l'administration, à la police, à la juridiction, à la perception des redevances. Prévôts et bayles doivent diffuser la loi du roi et la faire observer. Au-dessus sont constitués, vers la fin du xiie siècle, baillis et sénéchaux. À Paris, le prévôt fait fonction de bailli. En 1285, on comptait 29 baillis ou sénéchaux dans le domaine royal. Au libre choix du roi pour la désignation des baillis et des sénéchaux, se substitue, depuis l'ordonnance du 13 mars 1303 sur la « réformation du Royaume », une nomination en Conseil du roi. Au xve siècle, le Parlement est associé à ces choix, garantie d'un meilleur recrutement.
Les attributions de ces agents, toujours très larges, furent un peu réduites par la création au xive siècle de nouveaux