91. Les précédents. – L'Occident, et spécialement la Gaule des ve-viiie siècles, n'avait jamais perdu totalement le contact avec le droit de l'ancienne Rome. Le Code Théodosien y avait laissé mieux que des traces. Il avait été utilisé dans les Lois romaines des Barbares et constituait, avec le Manuel du ive siècle connu sous le nom abusif de Sentences de Paul, une partie importante de la Loi romaine des Wisigoths, plus connue sous le nom de Bréviaire d'Alaric (v. 506). L'utilisation de cette compilation juridique est attestée par les nombreux manuscrits du Bréviaire, ou d'abrégés (les Epitome du Bréviaire) qui nous sont parvenus. En Italie, la reconquête byzantine avait favorisé le retour des compilations justiniennes (Digeste, Code, Institutes) et la connaissance des Novelles (les constitutions nouvelles) des empereurs de Byzance 325. Les actes de la pratique, les formulaires d'actes préparés pour les praticiens du ve au ixe siècle témoignent eux aussi de l'utilisation du droit romain par les rédacteurs d'actes. D'autre part, il ne faut pas oublier le rôle que jouèrent les hommes d'Église dans cette conservation et dans l'utilisation du droit romain. Des clercs, à peu de chose près les seuls hommes instruits de l'époque (d'où le double sens du mot clerc : membre du clergé et homme instruit), reproduisent des passages de textes juridiques romains dans les collections qu'ils
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