Les premiers Capétiens furent rois dans un monde féodal auquel ils appartenaient. Ils en utilisèrent les formes et surent les dépasser. Avec les princes féodaux, les relations furent diverses, allant d'alliances plus ou moins solides à des conflits armés. Cette histoire n'a pas sa place ici. Seul le terme nous importe : le triomphe du roi sur les féodaux 177. De bonne heure, le cheminement vers une forme monarchique, où le roi se veut seul maître, se heurte à des tendances contraires, insistant sur la place qui doit être faite au « peuple » dans le gouvernement. Le discours aboutit à des pratiques et des institutions nouvelles. Les États généraux, depuis le xive siècle, en sont la plus notable expression. Féodalité, États généraux sont étrangers l'un à l'autre ; mais l'un et l'autre sont « en face » du pouvoir royal. Les situer précisera les traits de ce pouvoir.
(177) O. Guillotet alii, Pouvoirs..., II, p. 107-121.