Deux sources vives élaborent les règles qui veillent sur l'ordre des sociétés médiévales. L'une se fonde sur les usages que font naître ses membres et qui sont acceptés. C'est la coutume. L'autre prend appui sur l'autorité, parfois sur la contrainte, qu'impose un gouvernement. C'est la loi. La première, souvent imprécise, sinon vague, difficile à saisir, varie selon les lieux. Autant de déficiences qui, progressivement, amenuiseront sa place. L'autre ne cessera de se développer, bénéficiant de la croissance du pouvoir politique. Toutes deux coexistent du xiiie au xve siècle, se combinant, se complétant ou s'opposant.
À côté de l'usage qui crée la coutume, du pouvoir qui impose la loi, la science esquisse une première mise en forme du droit. Conduite de la vie par la coutume et la loi. Tel sera le propos de ce chapitre. On verra ensuite quel fut l'apport des droits savants et les centres d'études où ils s'élaborèrent.