12. De l'élection à l'hérédité. – Le premier Capétien, Hugues Capet, avait été élu « roi des Francs » à Senlis en juin 987, par une assemblée de ses pairs qui l'avait préféré au Carolingien Charles de Lorraine, oncle du roi défunt. Pour assurer leur succession, les premiers Capétiens associèrent leur fils aîné au pouvoir en le qualifiant de roi désigné (rex designatus) 44. La chance des Capétiens fut d'avoir des fils et que ceux-ci ne se soient pas révoltés contre leur père pour exercer le pouvoir avant l'heure. Cette pratique de la désignation n'eut plus de raison d'être lorsque, dès le début du xiie siècle, la loi d'hérédité se fut imposée par l'usage 45. En fonction des circonstances, elle se précise peu à peu : succession au profit du fils aîné 46 ; exclusion des femmes de la couronne, avec appel abusif à une disposition de la loi salique 47 ; exclusion des héritiers mâles, descendants par les femmes 48.
Les frères cadets du nouveau roi obtiennent en compensation des apanages 49. Ainsi se sont instaurées progressivement 50 les règles de succession à la couronne, qui figureront en première ligne de cet ensemble coutumier désigné sous le nom de Lois fondamentales 51.
13. L'accession au pouvoir ; le sacre. – Succession héréditaire, régie par les « Lois fondamentales », l'accession au pouvoir est