410. Le programme que les députés aux États généraux s'étaient fixé visait en premier lieu une profonde réforme de l'ordre social. La révolution constitutionnelle et politique, la disparition de ce qui sera qualifié à partir de ce moment, avec une connotation péjorative, « d'Ancien Régime », n'avait pas été programmée, ni souhaitée par l'immense majorité des députés. Si l'histoire retient la chute de la monarchie traditionnelle comme le plus important des bouleversements de la période, il est cependant clair qu'il ne s'agit là que d'une conséquence d'un mouvement qui proposait à l'origine une réforme des modalités d'exercice du pouvoir et des structures sociales plus que de la nature même du pouvoir. En conséquence, les réformes des révolutionnaires ne furent pas purement « constitutionnelles », mais devaient, pour répondre au programme fixé, intervenir pratiquement dans tous les secteurs des institutions publiques comme de l'ordre social. Il était urgent et indispensable de réformer, voire d'abolir, de supprimer et de reconstruire. Le règne de Louis XVI avait été ponctué de multiples tentatives de réorganisations, judiciaires, fiscales, économiques, d'administration locale, etc. Presque toutes s'étaient soldées par un échec. Les constituants reprennent en partie ces objectifs, mais dans un autre esprit : désormais, on ose abolir et détruire, ce que les gouvernements de l'ancienne France n'avaient jamais voulu, ou
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