162. Les droits de l’homme et les libertés fondamentales peuvent subir des limitations ou des restrictions lorsqu’on se trouve dans des situations exceptionnelles, justement pour la société tout entière. Des mesures exceptionnelles adaptées aux circonstances apparaissent alors indispensables pour assurer la survie du pays et de sa démocratie.
Malheureusement, la France a vécu un moment très grave de cette nature en janvier 2015 qui a amené le Premier ministre à déclarer devant l’Assemblée nationale : « Oui la France est en guerre contre le terrorisme, le djihadisme et l’islamisme radical. La France n’est pas en guerre contre une religion... Avec détermination, avec sang-froid, la République va apporter la plus forte réponse au terrorisme, la fermeté implacable dans le respect de ce que nous sommes, un État de droit » 620. Si ces événements très graves ne pouvaient pas forcément justifier le recours à ce type d’outils juridiques, à l’inverse de ceux de 2005 et la crise des banlieues, ceux de novembre 2015 et de juillet 2016 ont obligé à mettre en œuvre l’état d’urgence sur une longue durée. La pandémie de Covid-19 de 2020 a poussé à la création très spécifique d’une nouvelle forme d’état d’urgence sanitaire sous forte suggestion des savants et des experts. Cela a suscité des interrogations sur la place de ces derniers dans la démocratie : « la crise sanitaire que nous traversons