544. Ces libertés de réunion et de manifestation permettent une expression collective dans une société. Elles sont consubstantielles de la démocratie. Mais elles recèlent aussi des potentialités éventuellement inquiétantes si elles s’expriment avec violence. Il est donc compréhensible que les États, notamment la France, aient voulu les encadrer pour éviter des débordements préjudiciables justement au bon fonctionnement de la démocratie. Là encore tout est question de dosage. Mais comme ce sont des libertés qui expriment la bonne santé d’une démocratie, il est logique que la Cour européenne des droits de l’homme soit vigilante sur leur respect par les États 3118, comme aussi le Conseil constitutionnel qui consacre un fondement constitutionnel au « droit d’expression collective des idées et des opinions » 3119.
545. Si la liberté de réunion n’est pas directement posée par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, elle peut se déduire aisément de la libre communication des pensées et des opinions. Là encore, il faut attendre une loi de la IIIe République pour que soit proclamée, avec la loi du 30 juin 1881, la liberté des réunions publiques avec le régime libéral de la simple déclaration préalable, elle-même supprimée par la loi du 28 mars 1907. Si ces textes ne concernent que les réunions publiques, la jurisprudence admet qu’ils s’appliquent aussi