328. Une certaine forme d’intégrisme révolutionnaire à propos de l’égalité s’est révélée une impasse. L’abstraction de l’homme et du citoyen ne pouvait pas être suffisante pour reconnaître effectivement des droits réellement égaux. On retrouve, en grande partie, l’opposition entre l’égalité formelle et l’égalité réelle, même s’il ne faut jamais oublier que la Déclaration de 1789 parle d’une égalité en droit, et non pas d’une égalité de fait. Affirmer un droit à l’égalité, ou une égalité de droit, sans pouvoir le traduire dans la réalité peut s’avérer, à la fin, contraire au droit que l’on veut affirmer ou défendre.
D’ailleurs, même à la période révolutionnaire des distinctions réapparaissent très vite. « La Constitution de 1791 subordonne l’exercice du droit de vote dans les assemblées primaires au paiement d’un impôt représentant la valeur de trois journées de travail (quotité appelée cens), ce qui élimine du corps électoral de base à peu près un tiers des citoyens » 1932. Ainsi la distinction entre citoyens actifs et citoyens passifs est une manière d’introduire de nouvelles distinctions, on dirait aujourd’hui de nouvelles discriminations. Emmanuel Joseph Sieyès soutient de manière assez ferme cette distinction : « Tous ne sont pas des citoyens actifs. Les femmes, du moins dans l’état actuel, les enfants, les étrangers, ceux encore qui ne contribueraient