390. Une personne humaine est un être charnel. Il existe donc un lien étroit entre cette qualité physique et le droit qui s’y réfère. « Tout être humain, tout être charnel est sujet de droit, non en vertu d’une sorte de grâce, de consécration accordée par l’État ou un autre pouvoir, mais de sa naissance même... le droit est le corollaire de l’incarnation. Les principes de liberté et d’égalité se fondent sur l’être juridique parce que physique » 2375. Les rédacteurs de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen l’avaient évidemment naturellement perçu en rédigeant l’article 1er : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ». C’est encore plus précis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui proclame dans son article 1er : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».
L’incarnation donne des droits et impose des droits aux tiers. Ainsi chaque être humain doit avoir la maîtrise exclusive de son corps, ce qui lui donne des droits sur son corps, mais ce qui impose aussi le respect du corps des autres. Il en découle, d’un côté le droit de disposer de son corps, de l’autre le droit au respect de l’intégrité physique des humains. Ces droits sont les deux