44. L’universalisme des droits de l’homme est logique. Il est consubstantiel de la nature même de ces droits. La Déclaration de 1789 en proclamant, de manière solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme, posait en même temps leur caractère universel en distinguant bien l’homme du citoyen. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies, avait la même préoccupation d’universalité : « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ». Il s’agit bien de la famille humaine qui est concernée par les droits de l’homme. Mais ce paradigme de l’universalisme a toujours rencontré des mises en cause ou en doute. Il s’est vu opposer soit des contestations, soit des rejets, parfois sur le fondement d’autres universalismes.
§ 1. Le paradigme de l’universalisme
45. Le présupposé de l’universalisme est donc logique. Les droits proclamés, notamment par des textes internationaux, concernent l’ensemble des membres de la faille humaine. Ils ont vocation à s’appliquer à toutes les personnes humaines, quelle que soit leur localisation sur la planète, donc indépendamment de leur appartenance à un État. Les droits de l’homme partent d’un