368 L’entreprise gardienne de l’éthique des affaires. – Née aux États-Unis et longtemps cantonnée au secteur bancaire et financier, la compliance est devenue, en l’espace de quelques années, un phénomène majeur du droit des affaires 1926. Il s’agit, en bref, d’un processus d’« internalisation » 1927 du contrôle de l’ordre public : les entreprises adoptent, en leur sein, des dispositifs de surveillance, d’alerte et de sanction (« programme de compliance ») afin de « prévenir le risque d’infraction aux règles » 1928. Dans certains cas, la compliance n’exprime rien d’autre qu’une forme d’autocontrôle : bon élève, l’entreprise fait en sorte de minimiser le risque de violation des règles qui s’imposent à elle (droit financier, droit boursier, droit de la concurrence...). Dans d’autres cas, plus originaux, la compliance procède de l’« enrôlement » 1929 autoritaire de l’entreprise par l’État, chargée d’organiser elle-même la défense de certaines grandes causes (lutte contre la corruption, lutte contre le terrorisme, protection des données personnelles, protection des êtres humains...) 1930. Les opérateurs privés deviennent alors acteurs de la protection de l’ordre public économique et, spécialement, de certaines valeurs essentielles constitutives d’une éthique des affaires. Cette forme de compliance est
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