988. Simplicité, prévisibilité, équilibre. – Le législateur de 2005 a été animé par le souci de créer un système compréhensible et prévisible. Deux considérations devaient être prises en compte et parfois conciliées. Il convenait d’abord de tirer les conséquences des progrès de la science : la preuve négative de la paternité comme de la maternité est aujourd’hui possible, et de plus en plus facilement accessible sur le plan technique, pratique (des laboratoires habilités aux officines plus ou moins contrôlées via internet) et financier. L’ancien système d’actions reposant encore largement sur les incertitudes et la complexité des preuves ne correspondait plus à la réalité. De plus, les esprits ont évolué : dans la psychologie contemporaine, on admet assez facilement que l’enfant n’ait pas juridiquement de père ; à l’inverse, on tolère de moins en moins les paternités fictives, surtout lorsqu’elles ne correspondent pas ou plus à la réalité vécue. Enfin, la fascination qu’exerce la vérité biologique rend à beaucoup insupportables l’incertitude, les fictions et parfois les mensonges du droit.
Dans le même temps et à l’inverse, il importait d’assurer la stabilité des filiations : il n’était pas question de permettre que fût contestée n’importe quelle filiation, dans n’importe quelles circonstances, par n’importe qui et dans n’importe quels délais, au nom de la