PREMIÈRES VUES SUR L’AUTORITÉ PARENTALE
1253. Définition. – L’autorité parentale est l’ensemble des droits et pouvoirs que la loi reconnaît aux père et mère (on dirait aujourd’hui, aux parents) sur la personne et sur les biens de leur enfant mineur non émancipé afin d’accomplir leurs devoirs de protection, d’éducation et d’entretien et d’assurer le développement de l’enfant, dans le respect dû à sa personne 3705.
Pour exercer leur autorité, les parents doivent avoir une grande puissance d’amour. L’amour ne suffit pas à structurer un enfant et trop d’amour peut même être nocif, faisant de la famille un monde clos formé de liens d’étouffement ; mais l’affectivité et la subjectivité ne sont pas l’affaire du droit.
1254. Le poids des mots : puissance, autorité, responsabilité. – La loi du 4 juin 1970 remplaça la puissance paternelle du Code Napoléon, héritée de l’antique patria potestas romaine, par les termes autorité parentale 3706. Le néologisme marque un double changement de perspective. Autorité, car si le mot de puissance évoquait un pouvoir illimité, propre à son titulaire, celui d’autorité est moins fort et suggère une fonction attribuée dans l’intérêt d’autrui 3707. Parentale, car cette fonction n’est plus un monopole du père : elle appartient à égalité aux père et mère qui, en principe, l’exercent en commun.