590. Du passé faisons table rase. – Quel que soit le régime matrimonial adopté, le mariage a créé entre les époux des liens patrimoniaux que le divorce vient rompre. Il y a un passé à liquider, celui du régime matrimonial dissous par le divorce, des donations et des avantages matrimoniaux, des dommages-intérêts pour les fautes éventuellement commises 1850. Il y a un avenir à préparer : le divorce met fin à la contribution aux charges du mariage et au devoir de secours. Les différences de ressources masquées pendant le mariage par la mise en commun d’une partie des biens et des revenus, réapparaissent, d’autant que le divorce entraîne souvent de nouvelles charges, chacun assumant seul désormais un certain nombre de dépenses jusque-là partagées.
L’objectivation et la banalisation du divorce pourraient conduire un jour à une séparation « sèche », sans pension ni prestation. Mais la tradition française reste dans un autre sens : le mariage a créé entre époux une solidarité qui oblige le riche à aider le pauvre et le fort à secourir le faible. Il ne s’agit plus aujourd’hui de maintenir le devoir de secours entre époux ni d’assurer à la femme une sorte de revenu minimum d’insertion post matrimonial par le biais d’une pension alimentaire ; cette formule, qui était nécessaire dans une société où le divorce était peu fréquent et où les femmes exerçaient rarement une activité professionnelle,