762. Possession à tout faire. – Le rôle de la possession d’état a varié selon les époques. Ses conséquences, directes et indirectes, positives et négatives, sont en effet diverses et complexes. En cela, elles ne sont que le reflet d’une notion aux multiples facettes. La possession d’état a avant tout une fonction probatoire, ce qui explique qu’elle apparaisse traditionnellement au titre des preuves de la filiation, preuve de la filiation légitime dans le Code Napoléon (art. 320 et s. anc.), des présomptions relatives à la filiation (légitime et naturelle) dans la loi du 3 janvier 1972 (art. 311-1 et s. anc.), des preuves et présomptions depuis l’ordonnance de 2005 (art. 310-3). Mais elle a aussi, positivement, un rôle de consolidation. À l’inverse, son absence fragilise la filiation. Ces différentes fonctions seront étudiées infra, au titre de l’établissement ou de la contestation de la filiation. Il suffit d’en donner ici une vision panoramique.
763. Possession d’état et apparence. – Toute possession d’état est une preuve, parce que celui qui possède une qualité ou jouit d’un droit n’a rien à prouver lorsque cette qualité ou ce droit est contesté. Si une personne a nomen, fama et tractatus, elle a un état apparent et l’apparence fait présumer, mais présumer seulement l’existence de l’état : la preuve contraire est