137. 1º- Une origine populaire. – À la différence de la plupart des autres institutions françaises, l’histoire de la communauté n’a pas eu pour point de rupture la Révolution ou le Code Napoléon. Elle a connu une évolution lente du xive siècle à la loi du 13 juillet 1965 qui a l’a transformée et l’a fait revenir partiellement à ses sources.
L’origine de la communauté est incertaine. On avait soutenu, au début du xxe siècle, qu’elle se trouvait dans la conception chrétienne du mariage où l’on aurait tout mis en commun, corps, cœurs et biens 415 ; cette opinion est aujourd’hui complètement rejetée. Il faut plutôt se tourner de deux autres côtés. D’une part, le droit byzantin qui avait donné certaines esquisses de la communauté, le droit féodal qui avait fait naître spontanément les sociétés taisibles 416 et enfin les pays germaniques qui connaissaient la copropriété en main commune (Gemeinschaft zu Gesammter Hand) 417. D’autre part, du côté des gains de survie accordés aux veuves de condition supérieure par les pratiques germanique et française, afin de leur permettre d’avoir les moyens de vivre après le décès du mari ; le « morgengab » 418 et le douaire 419 sont l’un et l’autre inspirés par l’idée que la femme doit un jour participer à l’avoir du mari. La communauté fut d’abord pratiquée par les roturiers des campagnes ;