42. L’interdépendance dans l’indépendance. – Dans leurs relations pécuniaires comme dans leurs rapports personnels, la vie commune crée entre les époux une interdépendance qui ne doit pas affecter leur indépendance. Quel que soit le régime matrimonial, le régime primaire a pour finalité d’assurer quotidiennement l’union dans la liberté, l’interdépendance dans l’indépendance.
Il existe une place pour l’interdépendance : ce sont les règles d’esprit communautaire. Il y a aussi une place pour l’autonomie : ce sont les règles d’esprit séparatiste. Les crises conjugales sont surmontées par le recours au juge.
Comme l’ensemble des règles du régime matrimonial, celles du régime primaire, apparemment hétérogènes, s’organisent autour de trois relations, auxquelles le mariage et l’état d’époux impriment un caractère particulier. Relations entre les époux et les tiers, d’abord (Titre I) : même si l’on banalise le mariage, la communauté de vie et l’intimité des époux impliquent des règles de pouvoir spéciales ; c’est à l’extérieur du foyer que s’exerce l’indépendance des époux. Relations pécuniaires entre les époux ensuite (Titre II) : la nécessité d’un corps de règles propres tient à l’originalité des relations issues du mariage et recule avec la banalisation de celui-ci. Relations avec l’autorité judiciaire en cas de crise, enfin (Titre III) : le juge exerce une