487. La résistance de l’équilibre voulu à l’avenir prévisible. Qualifiant le contrat d’« acte de prévision », la formule d’Hauriou, fréquemment empruntée par le discours doctrinal, fait apparaître sa fonction essentielle d’outil d’anticipation1883. À en croire les dires du Professeur Lécuyer1884, le contrat est l’occasion de « s’approprier le futur » ; c’est qu’au moment de la conclusion, les obligations contractuelles sont envisagées et organisées au regard de l’avenir prévisible. Elles sont in fine convenues en anticipation de celui-ci1885. De même, leur équilibre est – si l’on peut dire – une spéculation sur le futur. Toute préoccupation de maintenir l’équilibre face aux faits prévisibles devient alors inutile1886. Il n’en demeure pas moins que, hormis les hypothèses exceptionnelles où des mécanismes obligatoires sont prévus par la loi à cet effet, les parties peuvent toujours anticiper le maintien de l’équilibre en se saisissant de la possibilité, qui est la leur, d’appréhender contractuellement le fait prévisible. D’où le plan de la section : le maintien de l’équilibre face aux faits prévisibles est inutile (§1), mais possible (§2). Et parfois, il apparaît aux yeux de la loi comme nécessaire (§3).
§ 1. L’inutilité de maintenir l’équilibre en présence de faits prévisibles