127 Idée générale 274. Tant que les principes d’ordre et de cohésion de la famille ont dominé, il y a eu peu de place pour le maintien d’une certaine autonomie individuelle. Mais la hiérarchie a fait place à l’égalité et à une codirection de la famille, réalisée par la loi du 4 juin 1970 supprimant en droit civil la notion de « chef de famille ». En même temps, la promotion de la liberté individuelle a conduit à dégager de plus en plus l’individu de son foyer et à admettre que la personnalité des époux ne se fond plus dans le couple conjugal. C’est bien entendu à la femme que cette libéralisation a été le plus bénéfique, puisque c’est sur elle que pesait auparavant la hiérarchie conjugale.
Certes, les devoirs qui découlent du mariage, destinés à assurer l’harmonie de la vie commune, portent des atteintes à la liberté individuelle de chaque conjoint. Mais cette harmonie ne dépend que du comportement externe des époux, de sorte que parmi les attributs de la liberté individuelle, ceux relatifs à l’intégrité de la personne demeurent intacts, tandis que des restrictions affectent ceux qui touchent à son comportement.
§ 1. Les attributs relatifs à l’intégrité de la personne
128 Intégrité physique. Le mariage n’affecte pas les règles protectrices de l’intégrité physique de chacun et les atteintes qui y sont portées par le conjoint sont punissables comme si elles