154 Les articles 394 (pour les mineurs) et 415 al. 4 (pour les majeurs) du Code civil mettent en exergue les deux atlantes de la protection des incapables, à savoir les familles et l’État (« la collectivité publique » disent les textes) 649. Et cette architecture est logique : si la famille est le protecteur naturel de ses membres fragiles, l’État providence doit prendre le relais quand la famille est défaillante et, même si celle-ci est présente, l’aider dans sa mission protectrice. Toutefois, cette structure simple est en réalité compliquée.
D’une part, l’équilibre contient les germes d’une tension, notamment en termes financiers 650. Plus généralement, en France où l’État est traditionnellement interventionniste dans le domaine de la famille, on observe des mouvements de balancier entre périodes où les familles ont plus ou moins de place, leur rôle étant parfois contesté, parfois valorisé 651, le tout sur fond de recomposition des structures familiales et de mise en exergue d’une « fonction parentale » en lieu et place d’une naturalité de la parentalité par la famille. Si la parentalité est aussi une fonction, comme cela ressort des débats sur le mariage entre personnes du même sexe, l’adoption ou le rôle du beau-parent, alors cette fonction peut être plus ou moins bien assurée et les personnes, dans cette fonction, peuvent être remplacées (par d’autres individus